L’histoire est une vielle pute
16 décembre 2009
L’histoire est une vielle pute
Qui me connaît bien
Elle sait comment me faire venir
Rapidement
Dans l’ombre
En catimini alors que je suis seul avec elle
Elle connaît les mots qui me font jouir
Et elle sait pourquoi je la paie
Avec elle pas de chichi
On ne passe pas par quatre chemins
Elle ne me demande pas comment je vais
Ce que j’ai fait aujourd’hui
Ou ce que je ferai demain
Tu veux que je te suce
Qu’elle me murmure tranquille
Et ce n’est pas une question
C’est une constatation
…Sinon quoi ?
On n’est pas là pour se faire des accroires
C’est quand même ça qui est ça
Et pas autre chose
Ce n’est pas nécessairement long
Même si l’histoire est une vieille pute
Qui fait le plus vieux métier du monde
Pas aujourd’hui ma biche
Place toi par en arrière
Je suis son client
Et le client a toujours raison
Depuis le début des temps
Depuis qu’il paie pour du cul
À toutes les heures du jour et de la nuit
Le client à toujours raison
Ta queue est en béton
Qu’elle me raconte distraite
Ainsi animal
Planqué en elle
Je ne me demande plus comment tout ça a commencé
Ce n’est plus une queue
C’est un uzi
Un lance-roquette
Un bazooka
La raison du plus fort
Plus d’argument
On ne se fait pas d’histoire
Pendant qu’elle crie
Prends moi comme une bête
Alors je fonce
Un bref instant je ne pense plus à rien
À peine quelques secondes
Je viens que je lui dis
Je viens
Nulle part au fond
Ni ici ni ailleurs
Mais je viens
Comme je suis
Nu et grognant
Je viens
Ne reste que le vague sentiment d’exister dans le monde quelque part un moment
Elle ne sait pas où j’habite
Elle ne sait pas où je vais
Elle s’en fout
Elle sait que je peux la retrouver
Toujours au même endroit
Ou à quelques coins de rue
Et que c’est moi qui reviendrai la voir
Jamais l’inverse
Elle ne sait même pas mon nom
L’histoire est une vieille pute qui ne fait pas crédit
Elle a des maîtres avides
Et prompts aux punitions
Qui savent à quoi elle sert
Je la paie
Et c’est tout
Elle ignore tout de ce que je ferai ensuite
Je pourrais mourir au prochain coin de rue
Qu’elle n’en saurait jamais rien
