La chute du calendrier
17 octobre 2009
Le calendrier ne compte plus
Pas même les jours
J’ai mis deux aiguilles sur mon bras pour avoir du temps à ma disposition
Le sevrage devient plus dur à chaque tic tac qu’il m’impose
Je suis moi même un temps troublé
Une époque sans nom
Barbelée de journaux noircis
Qui exhibent des inconnus
D’une certitude élémentaire
Les agitateurs me pressent de m’agiter aussi
L’écran me télécommande de me trouver un poste
Un canal d’évacuation
Alors j’attends
La fille qui dit la météo m’encourage à rester en vie
Il fera beau elle dit
Et on s’endort sûrs de nous-mêmes
On est si loin des premières pages
Des titres écrits en gros
La diffusion t’arrache chaque fois
Un morceau de ton anonymat
Tu redeviens quelqu’un
Alors tu t’achètes un veston
Un téléphone
Un agenda
N’importe quoi
Tu montes un peu la tête
Tu évites les trottoirs
Les exigences se replient sur toi
Tu mets les mains dans ta poche
Tu feintes les clés d’un autre monde
Ton bras se termine en forme d’attaché-case
Tu ne le quittes plus
C’est ton ami
Alors… ça se vend les assurances?
Pas mal et toi?
Tu te vends bien?
Quand tu poinçonnes dans ta machine
Les temps libres qui ne t’appartiennent plus
Et ta femme qui dort toute seule
Et ton visage
Et ton veston
Et ton apparence d’imbécile qui travaille pour la santé
Et ton chien
Tes inquiétudes
Ton doute qui veille dans ton sommeil
Ça se vend les assurances
Et on en achète
On ne peut vraiment plus se fier à personne
Tu as le point de fuite qui coule dans ton portrait
Alors il faut passer le temps
Trouver quelque chose
Entamer des conversations
Alors comme ça, on fait dans les affaires?
On ne fait pas dans
On fait avec
On fait toujours des choses à faire
On fait ce qu’on veut
On est des inconscients
Parce que l’organisation est prête à perdre des membres
Vous faites votre boulot
C’est bien
Chacun sa croix
Chacun son fouet
-Alors… qu’est-ce qu’on fait?
-On ne fait rien… on attend!
Le calendrier ne compte plus
